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Key Words

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Omega Seamaster "TV Case", la mal-aimée de la dynastie


"Dynastie : suite de souverains appartenant à une même famille" (Larousse).


Une dynastie n'en est une que si elle domine, et l'Omega seamaster a été et est encore aujourd'hui une référence, l'un des modèles les plus emblématiques de la marque et, plus largement, de l'industrie horlogère suisse.


Lancée en 1946, cette montre a été conçue sur la base des modèles militaires que la manufacture de Bienne fournissait à l'armée britannique ; au fil des années, la Seamaster s'est déclinée de multiples façons.


Les débuts


La première Seamaster affiche un design intemporel propre aux années 50, à savoir une boîte ronde à la taille contenue (bien souvent 34mm), des index appliqués, des aiguilles dauphines et l'inscription "Seamaster" désormais mythique sur la partie inférieure centrale du cadran.



Outre ces spécificités esthétiques, le cahier des charges de base était plutôt simple pour Omega : réaliser une montre élégante, solide et étanche afin de répondre à la demande grandissante d'après-guerre.


Les premières Seamaster ont, dès le début, été déclinées en plusieurs versions : automatique/remontage manuel, or/acier. Les cadrans étaient également très variés : index chiffres/batons/mixtes, date/daydate/no date, step dial/flat dial... on peut également mentionner le fameux "crosshair", cette croix qui traverse le cadran de 12 à 6h et de 3 à 9h. Aujourd'hui très recherchés par les collectionneurs et amateurs de montres vintage, ces cadrans spécifiques ont également existé au sein d'autres collections Omega : Genève, De Ville ou bien la prestigieuse Constellation.



Au cours de sa longue carrière, la Seamaster a donc connu de très nombreuses évolutions. Si les années 50 ont été celles des débuts, les années 60 ont été celles de la confirmation, de la maturité esthétique et technique. D'ailleurs, nombreux sont les collectionneurs à parler "d'âge d'or" de l'horlogerie suisse concernant cette décennie que ce soit en terme de précision des calibres, de solidité des pièces ou bien de maturité et élégance du design.


La rupture des années 70


Les années 70 ont marqué un tournant remarquable et remarqué chez Omega comme dans d'autres manufactures. Pourquoi ? La contestation étudiante occidentale (des campus américains jusqu'aux rues pavées de la capitale) ayant entraîné Mai 68, de nombreuses figures traditionnelles ont été déconstruites à partir de la fin des années 60 : religion, famille, patrie. Ces mouvements sociaux ont eu un impact retentissant dans différents champs, comme la musique, le design, l'architecture, l'art. Les années 70 ont été celles de la déconstruction et du rejet de toute forme de tradition et de classicisme.


Parallèlement à cette (r)évolution sociale, un facteur économique majeur est venu bouleverser le paysage horloger suisse dans les années 70 : la crise du quartz. Cette crise définit l'arrivée massive de montres à quartz (à pile) sur le marché européen à cette période. Grâce à une précision accrue et des prix très abordables, Seiko et consorts ont réussi à faire trembler l'industrie horlogère qui a dû se remettre en question afin de survivre. De nombreuses maisons ont d'ailleurs succombé à cette crise, plusieurs ont survécu, très peu ont brillé (Rolex).


Ces facteurs expliquent, au moins en partie, le design horloger marqué des années 70. Bien souvent, les montres issues de ces années là ne sont pas les plus recherchées et les plus appréciées en raison de leur design atypique. Les collectionneurs préfèrent en général les pièces produites dans les années 60, plus classiques. Il en va de même chez Omega, les Seamaster des années 70 sont, à mon sens, bien trop sous-estimées.


La pièce en question


Voici un exemplaire représentatif de cette décennie, une Omega Seamaster Automatique 166.0211 équipée du calibre maison 1020 :







Cette montre est intéressante à plusieurs égards. Premièrement, elle présente une taille relativement moderne pour une montre sortie d'usine il y a plus de 40 ans : 36x42mm. Sa boîte format TV est originale, a une belle présence au poignet et tranche franchement avec les boitiers ronds des décennies précédentes. Le cadran a pris, au fil du temps, une belle coloration coquille d'oeuf et présente une complication "day/date" très pratique au quotidien. La couronne est signée, le fond de boîte est marqué du sceau Seamaster.


Le détail marquant de cette pièce est, à mon sens, son bracelet métal intégré. Ce bracelet en acier brossé bien fini est équipé d'une boucle signée Omega. Son dessin n'est pas sans rappeler, sur les maillons les plus proches de la boîte, le bracelet de la Patek Philippe Nautilus (icône absolue des années 70 au design intemporel, merci Gérald Genta) toutes proportions gardées bien entendu.


Au niveau du calibre, pas de surprise avec le 1020, le mouvement est fiable, précis et robuste. Bien entretenu, idéalement révisé tous les 5 ans, ce calibre assurera une longue vie à cette Seamaster.


Combien dépenser pour s'en procurer une ?


Aujourd'hui, ce genre de pièce en bon état côte entre 400 et 800€ si vous achetez à un particulier en fonction de l'état et du set. Si vous souhaitez une pièce révisée, en très bel état et que vous optez pour une transaction avec un vendeur professionnel, comptez entre 800 et 1300€. Compte tenu de la qualité intrinsèque de cette pièce et de sa position toute particulière au sein de la dynastie Seamaster, c'est un prix tout à fait justifié.


Pour conclure


Jean-Paul Sartre disait "nous sommes ce que nous faisons de ce que les autres ont voulu faire de nous", libre à vous d'accepter la prétendue suprématie du design horloger des années 60. En revanche, il est important de conserver un esprit critique constitutif d'une personnalité horlogère, et cela passe par la reconnaissance de ces modèles atypiques, et pourtant si attachants. Les années 70 sont une décennie marquante dans de nombreux domaines, il en va de même pour le design horloger.


La Royal Oak d'Audemars Piguet et la Nautilus de Patek Philippe ont su se faire une place en tant que fer de lance du design horloger des années 70. Nombre de pièces de cette décennie sont aujourd'hui délaissées et mal-aimées, gageons qu'au fil du temps, la Seamaster TV des années 70 rencontrera également le succès ; ce serait amplement mérité.