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Key Words

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Zenith 50s, la pépite vintage de la semaine

Mis à jour : 27 nov 2018



"Petite aumône, grande joie", Homère.


Comme de nombreux collectionneurs de montres anciennes, j'aspire à découvrir des pièces de plus en plus exclusives, de plus en plus rares et prestigieuses, et, forcément, de plus en plus coûteuses.


Il est évident qu'une Rolex 5513 patinée me fait rêver au même titre qu'une Royal Oak Jumbo du début des années 1970. Deux problèmes se posent : la difficulté d'accès à ces pièces et le "snobisme horloger".


Acquérir des pièces toujours plus recherchées et coûteuses n'est pas chose aisée. Ce hobby est réservé a une certaine élite financière qui peut se targuer de dépenser régulièrement plusieurs dizaines de milliers d'euros pour des montres vintage d'exception.


Outre cet aspect purement pécunier, un autre problème se pose : viser systématiquement une pièce plus prestigieuse et chère revient à subir, consciemment ou non, ce que j'appelle le "snobisme horloger".


Ce terme, qui n'a aucune définition académique officielle, désigne un intérêt centré uniquement sur les pièces horlogères les plus exceptionnelles. Cet appétit exclusif se limite à "la crème de la crème" et n'inclut en aucun cas toute pièce "classique", moins prestigieuse et donc moins chère.


Ce snobisme horloger permet (en partie) d'expliquer la folie acheteuse qui sévit actuellement sur les Rolex vintage, les Patek Philippe Nautilus ou Aquanaut et autres Audemars Piguet Royal Oak.


Problème : les productions horlogères des années 1940 à 1980 ont été diverses et multiples et ce snobisme systématique force à ne se concentrer que sur moins d'1% des possibilités.


Concrètement, un nombre important de pépites vintage ont vu leurs cotes grimper ces dernières années : Universal Genève Polerouter, Dirty Dozen, Enicar Sherpa Super Divette... sans une curiosité importante et une ouverture d'esprit à toutes épreuve, impossible de voir grimper ces pièces qui ont trop longtemps été "hors des radars".


L'idée de ce modeste article est de vous prouver que le prix n'est pas un bon indicateur et que l'émotion et le plaisir sont les seules valeurs qui comptent en terme de pièces vintage.


L'exemple Zenith, manufacture du Locle


Zenith El Primero ad 1969

Tout collectionneur qui se respecte connaît la manufacture Zenith, basée au Locle, en Suisse. Cette maison fondée en 1865 par Georges Favre-Jacot est principalement connue pour son exceptionnel mouvement chronographe à remontage automatique : le El Primero.


Ce calibre à haute fréquence a été le premier du genre en 1969 et à donné à Zenith ses lettres de noblesses. Ainsi, de nombreux collectionneurs ne jurent que par le chrono El Primero chez Zenith comme si cette manufacture vieille de plus de 150 ans n'avait fait "que ça" (ce qui aurait déjà été tout à fait respectable).


Avant de mettre sur le marché cet exceptionnel calibre qui sera ensuite utilisé par Rolex sur son chronographe Daytona (entre 1987 et 2000), Zenith a remporté de nombreux prix horlogers.


Par exemple, Zenith propose en 1948 le splendide calibre 135, un mouvement à remontage manuel extrêmement précis. Le calibre 135 remportera 5 années de suite (de 1950 à 1954) le concours de l'observatoire de Neuchâtel.


Cal 135 Zenith

Cet exemple n'est que l'un des nombreux exploits qu'il est possible de citer à propos de cette maison à l'ADN 100% horloger même si le sérieux helvétique et le recherche de précision a laissé place, suite au rachat de la manufacture par LVMH et à la stratégie de Jean-Claude Biver, à des pièces plus ostentatoires et moins traditionnelles.


Aujourd'hui, nombreux sont les collectionneurs à s'intéresser aux chronographes El Primero vintage mais concernant les pièces équipées du fameux calibre 135, le public intéressé est nettement plus limité.


Si l'on devait faire le parallèle avec Omega, les constellation vintage équipées par exemple du calibre 561 sont bien plus recherchées et ont un public de plus en plus important.


Comment expliquer ce désamour pour les "petites" trois aiguilles de la maison Zenith ? Un manque de connaissance de la maison ? Peut-être. Un snobisme horloger de certains médias et collectionneurs influents ? Certainement.


La pépite vintage de la semaine : Zenith trois aiguilles "cornes de vache"


Zenith "cornes de vache" 1950s

Cette pièce que j'ai chassé pendant un certain temps a un intérêt horloger important, je vais vous démontrer pourquoi.


Ce genre de montre trois aiguilles de petit diamètre (33,5mm hors couronne) est typiquement le genre de pièce dont je parle quand je dis que beaucoup de pépites vintage restent dans l'anonymat en raison du snobisme horloger.


Mais de quoi parle-t-on exactement ?


Nous avons ici une montre bracelet Zenith produite dans les années 50. Son boîtier (en excellent état) en acier présente un petit diamètre selon les normes d'aujourd'hui mais il s'agit en réalité d'une taille classique pour une montre homme de cette époque.


Les anses de cette pièce sont ce qu'on appelle des "cornes de vache", vous comprendrez pourquoi en regardant les photos. Ces anses équipaient plutôt des pièces de prestige et sont relativement rares.



Le cadran de ce garde-temps était à l'origine blanc mais est devenu, au fil des années, écru. Une belle patine homogène qui met en valeur les indexes appliqués couleur or rose.


Pour ne rien gâcher, nous avons une petite seconde à 6h et, surtout, de très belles aiguilles alpha en forme de flèches inversées (des flèches qui sont dirigées vers le centre du cadran).


Concernant le mouvement, cette Zenith des années 1950 n'est malheureusement pas animée par un calibre 135, tant pis. Nous sommes ici en présence d'un 106-6 en très bel état qui a été entretenu régulièrement et qui tient très bien l'heure pour une vieille dame de 60 ans.


Cal 106-6 Zenith

Ce calibre est relativement simple et donc extrêmement facile à entretenir et fiable.


Nous sommes d'accord, cette montre n'a pas la prétention de devenir la nouvelle Polerouter micro-rotor. En revanche, elle mérite d'être connue et reconnue à sa juste valeur. Il s'agit tout de même d'une pièce produite par l'une des plus prestigieuses manufactures dans les années 50, une pièce concurrente d'Omega, Longines voire Tudor vintage.


Cette montre a été, dès que je l'ai reçue, greffée à mon poignet avec une impossibilité totale de porter autre chose. On peut dire qu'il s'est passé quelque chose. Si l'émotion est la valeur reine de notre passion commune pour les montres vintage, cette pièce a donc un intérêt certain.


Un rapport prix-plaisir (quasiment) imbattable



C'est bien connu, le diable est dans les détails. Dans l'univers de l'horlogerie ancienne encore plus. Cette pièce présente plusieurs détails intéressants : ses anses "cornes de vache", ses index appliqués couleur or rose, ses aiguilles alpha "flèches inversées"...


Tous ses détails engendrent une désidérabilité folle et un charme extrême. Logiquement, tout cela devrait donc se traduire sur la cote de cette référence. C'est sans compter sur le snobisme horloger et sur le peu d'intérêt pour les "petites" montres de maisons comme Zenith ou Longines qui ont, pourtant, une grande légitimité historique et horlogère.


Ce genre de montre se trouve, en cherchant un peu, pour un prix compris entre 250 et 400€. Pour ce prix, vous ne trouverez sincèrement pas grand chose d'intéressant. Par exemple, chez Omega, une Seamaster similaire (50s, patine, détails) s'échangera pour plus de 500-600€.


Ce prix tout doux ne cache aucune mauvaise surprise et vous permettra d'afficher une certaine défiance vis à vis des comportements moutonniers induits par le snobisme horloger.


"Il y a moins bien mais c'est plus cher"


Sincèrement désolé pour ce titre de partie qui reprend une référence automobile relativement honteuse (si vous ne voyez pas de quoi je parle, allez faire un tour sur Google) mais l'idée est là.


Ce qu'offre cette montre pour le prix auquel vous pouvez l'acquérir est assez rare pour être souligné. Ces pépites qui ne coûtent presque rien et qui habillent un poignet avec élégance et intemporalité sont de plus en plus rares, pourquoi s'en priver ?


Je pense, au même titre que de nombreux collectionneurs, qu'une montre n'est pas un marqueur social malgré l'image bien ancrée de la montre de footballeur ou celle de la Rolex de Nicolas Sarkozy. Cette pièce est le meilleur exemple de ce que peut être une belle montre : un outil utile et fiable qui allie usage et esthétique léchée.


La "leçon" à retenir de cet article (s'il devait y en avoir une) est que l'émotion peut se trouver dans une petite Zenith autant que dans une Daytona vintage. Le prix n'est pas un bon indicateur, l'émotion doit primer. Gardez donc les yeux ouverts et ne vous fermez aucune porte, le snobisme horloger n'a rien de bon.


Comme le disait Homère, les grandes joies de trouvent dans les petites aumônes. Amen.


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Pour acquérir cette pièce : https://www.sablier-watches.com/online-store

Si le bracelet vous intéresse : http://www.josephbonnie.com/fr/produit/bracelet-sans-surpiqures-cuir-barenia-marron/